La statuette de Bacchus

En 1851, fut vendu au British Museum, par le médecin-archéologue lyonnais Ambroise Comarmond, un bronze provenant de Chessy les Mines et représentant Dionysos-Bacchus jeune.

Cette statuette était accompagnée alors de centaines d’objets antiques collectés non seulement dans la région lyonnaise mais plus largement de la Bourgogne au Languedoc avec d’importantes séries provenant de la vallée du Rhône.

La notice originale concernant la statuette de Bacchus peut être restituée grâce à Michel Feugère qui, en 1981, eut l’occasion de transcrire le catalogue manuscrit de Comarmond lors d’études au British Museum.

“Statuette de Bacchus jeune, de style grec, d’un travail fin, dans une pause gracieuse. Debout, il tient de la main droite un vase à deux anses et de la main gauche il tenait un rhyton* qui a été perdu. La robe antique est lisse et d’un vert clair de belle conservation. Il a été découvert en 1833 à Chessy en déracinant un vieux chêne. J’ai payé ce bronze 2400 francs et j’en ai refusé plusieurs fois 6000 francs. La niche où il reposait était en mosaïque de marbre polychrome. Comme elle ne pouvait être restaurée, j’en ai fait refaire une sur le même modèle en marbre blanc”

Référencé depuis par le « Greek and Roman Départment » sous le N° d’inventaire 1851-0813.1, le bronze fut publié en 1857 par le S.Reinach dans son répertoire de la statuaire grecque romaine et les années suivantes successivement par Murray puis Walter. Présenté dans le cadre d’une exposition itinérante internationale, il bénéficie par ailleurs d’une notice complète accessible dans la base de données informatique du British Museum. Il s’agit donc d’une statuette en bronze de 21,3 cm de haut pour presque 1,2 kg, représentant Dionysos jeune et nu, reposant sur sa jambe droite, la gauche étant légèrement en retrait, talon relevé. Les cheveux ondulent de part et d’autre du visage  glabre et sont noués à l’arrière par un chignon. Le regard part à droite, les pupilles sont incisées. La main gauche, relevée, tenait donc selon Comarmond un rhyton*, tandis que l’autre saisit par une anse une petite amphore, récemment restaurée, qui remplace ici le traditionnel canthare. La notice éditée par le British Musuem propose une datation : vers 200 av JC et une origine tarentine pour ce bronze.

bacchus

* rhyton : vase en terre cuite ou en métal