LE HERISSON Qui s’y frotte s’y pique

Nous connaissons tous ce sympathique animal au dos hérissé de piquants qui visite parfois nos jardins à la tombée de la nuit et que l’on voit trop souvent écrasé sur les routes … Mais que savons nous de lui ?

Le hérisson d’Europe fait partie des mammifères insectivores de la famille des Erinacéidés.

Semi-nocture 

Le hérisson attend le crépuscule pour sortir de son abri de feuilles et partir à la recherche de nourriture. Son menu comporte une grande variété d’invertébrés terrestres : chenilles, limaces, lombrics, coléoptères, larves d’insectes divers, mille-pattes, perce-oreilles et même araignées. Le repas peut être complété par des oeufs ou de jeunes oisillons, des crapauds ou grenouilles, des fruits et baies, plus rarement par des petits rongeurs ou des charognes.

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Opportuniste et vorace

Le hérisson, de toute façon, ne se fatigue pas à courir après ses victimes, il se contente de celles qui passent à sa portée ! Lorsque la nourriture est abondante, il peut en avaler 70 grammes par nuit. Cela lui permet de se constituer des réserves de graisse qui lui fourniront les calories indispensables à sa survie pendant son long sommeil hivernal.

Bruyant 

Doté d’une vision limitée, le hérisson possède une ouïe très fine et surtout un odorat très développé. Il explore en zigzag les prairies et les lisières, flairant le sol en promenant son museau ultrasensible de droite et de gauche. Ronflements, soupirs, piétinements, froissements de feuilles, le hérison  n’est pas discret !

Individualiste 

Le hérisson explore un vaste territoire, au minimum 5 à 10 hectares, jusqu’à 40 à 50 hectares pour un mâle. Il aime les prés bordés de haies, les lisières de forêts, les sentiers, les parcs et jardins. Il évite ses congénères même si son domaine peut chevaucher celui de son voisin.

Notre animal, à l’automne, se met en quête d’un gîte pour hiberner. Tas de bois ou de feuilles, sous un arbuste ou tout autre endroit à l’abri du vent et du froid, il y entasse herbes, mousses et feuilles mortes et effectue des roulades pour peigner les parois de son nid avec ses piquants. Lorsqu’il se met à geler dehors, la température intérieure reste positive.

Dès les premiers frimas (vers 10°C), le hérisson entre en léthargie, son métabolisme se ralentit et sa température corporelle passe de 35°C à 10°C voire 5°C. De façon régulière, mais brièvement, le hérisson se réveille et brûle chaque fois un peu de ses réserves de graisse. Son réveil définitif a lieu en avril.

A ce moment, le hérisson sort de sa torpeur hivernale amaigri et affamé et se met en quête de nourriture.

Solitaire et vagabond

Peu après commence la saison du rut qui dure jusqu’en septembre. Le mâle abandonne la femelle après l’accouplement et ne participe pas à l’élevage des jeunes.

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Prolifique

Après une période de gestation d’environ un mois, les femelles mettent bas 4 à 7 jeunes nus, roses et aveugles. A la naissance la peau de bébé hérisson est boursoufflée et dépourvue de piquants. Mais ça ne dure pas. Quelques heures plus tard, une centaine d’épines blanches lui sortent de la peau et recouvrent son dos. Dans les semaines qui suivent, tous les piquants blancs vont tomber remplacer par des piquants bruns. Les nouveau-nés sont également dépourvus de fourrure, celle-ci ne se développe qu’au cours de la seconde semaine en même temps que les petits acquièrent la capacité de se rouler en boule (dès 11 jours).

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En file indienne

La femelle hérisson allaite ses petits pendant 4 semaines. Dès qu’ils sont suffisamment dégourdis (vers l’âge de 25 jours), elle emmène ses petits en promenade nocturne pour leur apprendre à trouver leur nourriture puis lorsqu’ils ont 2 mois, la famille se disperse. Les jeunes pèsent alors 250 g environ soit dix fois leur poids de naissance. S’ils sont nés au début de l’été, il leur reste un peu de temps pour engraisser avant l’hiver et atteindre 450 g, voire 600 g, poids minimal pour survivre à la période d’hibernation.

Unique

En France, c’est le seul animal à porter des piquants. Il en possède entre 5000 et 7500 qui sont ultrarésistants, rigides, pratiquement indéformables et par-dessus le marché très légers parce que creux. D’une durée de vie de dix-huit mois, le piquant finit par tomber et est très vite remplacé par un autre piquant. En vieillissant, le piquant change de couleur : alors qu’il est clair à chaque extrémité chez un jeune, il devient entièrement brun chez un sujet âgé. Avec cette carapace d’aiguilles, le hérisson a peu de prédateurs. Il s’agit surtout du blaireau. Hibou grand-duc, renard, sanglier, buse variable, chien, chat, fouine s’attaquent plutôt aux jeunes.

Vigilant

Le hérisson s’arrête et dresse ses épines au moindre bruit suspect. Si l’alerte se précise, il baisse la tête, escamote ses pattes, prêt à se rouler en boule si on le touche. Il peut alors rester ainsi des heures et cette technique a assuré sa survie. Mais comment fait-il ?

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Musclé

Ses épines sont plantées dans un énorme muscle qui recouvre toute la surface du dos : le “pannicule carné”, renforcé en périphérie d’un autre muscle qui forme un anneau, le “muscle orbiculaire”. En se contractant, les muscles tendent la peau du dos autour du corps du hérisson et l’enserre comme dans un sac. Tête, pattes et queue sont à l’intérieur et rien ne dépasse.

Acrobate

Les obstacles rencontrés par notre hérisson ne lui font pas peur car il est fort capable d’escalader un grillage ou de se hisser en haut d’une palissade. Pour passer de l’autre côté, il n’a plus qu’à se rouler en boule et à se laisser tomber. Ses piquants légèrement coudés à la base et d’une relative élasticité amortissent le choc de sa chute. Le danger provient des fosses, piscines, égouts dans lesquels il tombe et dont il ne parvient pas à remonter les parois trop lisses.

Victime

Le hérisson se passerait bien des parasites qui lui mènent la vie dure : des puces spécifiques, jusqu’à 500 sur un même animal, et des tiques dont il ne peut se débarrasser et qui l’affaiblissent. Mais aujourd’hui c’est l’homme qui représente la plus grande menace avec la circulation automobile et l’agriculture qui sont responsables de plus de 50 % des hérissons tués chaque année. Les routes fragmentent son habitat et il s’y fait si souvent écraser. L’utilisation des engrais, des herbicides et des pesticides par les agriculteurs et les jardiniers est l’autre grande cause de mortalité chez les hérissons qui s’empoisonnent. D’autre part l’épandage généralisé d’insecticides entraîne la diminution des ressources alimentaires des hérissons.

Protégé

Officiellement protégé par la loi, en France depuis 1981 et par l’arrêté du 23 avril 2007, au niveau européen par l’annexe III de la convention de Berne, l’espèce est malgré tout en déclin. Le hérisson peut vivre une dizaine d’années, mais aujourd’hui seuls quatre hérissons sur mille arrivent à cet âge. L’espérance de vie moyenne est de deux ans !!!

Il est interdit de capturer, de garder en captivité, de détruire, de transporter, de commercialiser le Hérisson d’Europe.

En Amérique du Nord, le hérisson d’Afrique à ventre blanc est devenu un nouvel animal de compagnie très à la mode. Comme on ne l’y trouve pas à l’état sauvage, il a été importé au départ. Il existe maintenant des élevages aux Etats-Unis et au Canada. Intelligents et propres, les hérissons s’apprivoisent et sont très appréciés. Mais n’est-ce pas un triste sort pour le cousin de notre hérisson d’Europe ?

logo hérisson

Sous forme de logo, le hérisson accompagne les associations de protection de la nature. Voici quelques conseils de la FRAPNA aux jardiniers, amis des hérissons :

  1. Ne pas fermer entièrement son jardin, mais ménager quelques ouvertures (de 7 à 10 cm) permettant le passage des animaux de jardin en jardin sans obstacle.
  2. Laisser quelques coins en friche pour lui permettre de se cacher et de se nourrir tranquillement.
  3. Tas de compost, de feuilles mortes, de branchages offrent des abris appréciés. Mais attention si on doit les déplacer, surtout en hiver.
  4. Opter pour une haie naturelle, bien diversifiée où se mêlent des espèces locales comme l’aubépine, le sorbier, le prunellier, le sureau ou le troène.
  5. Permettre au hérisson qui tombe dans un point d’eau profond de remonter à l’aide d’une planche ou d’un grillage à maille fine fixés au bord.
  6. Ne pas utiliser d’intrants chimiques notamment les produits anti-limaces.
  7. Ne pas laisser traîner d’éventuels filets de protection des cultures, ni des morceaux de tuyaux au sol.
  8. Ne pas nourrir les hérissons avec du pain et du lait. Le lait provoque des diarrhées dangereuses. Eventuellement, disposer une coupelle d’eau peu profonde.
  9. Fabriquer un abri avec une caissette de bois renversée, des herbes sèches et des branchages.
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