Papillons

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Quel bonheur de regarder un papillon virevolter au milieu de l’été ! Quel plaisir de s’imprégner de sa beauté et de sa légèreté !

Les poètes n’ont pas manqué de s’en inspirer, notre langue aussi est riche en expressions faisant référence à sa vivacité, sa forme et sa fragilité (papillonner, nœud papillon, effet papillon etc.).

Parmi les insectes, le papillon jouit d’un capital sympathie inégalé. Qui s’en effraye ?

Pourtant aujourd’hui le constat est sévère, le nombre de papillons a déjà diminué de façon inquiétante et certaines espèces, autrefois communes, sont menacées.

En cause, le réchauffement climatique qui modifie leurs milieux, le manque d’habitat et l’utilisation des pesticides.

En zone péri-urbaine ou dans les régions de grande culture, les jardins comptent parmi les rares espaces où les papillons peuvent accomplir leur cycle de vie.

Ajoutés les uns aux autres, les jardins représentent 4 fois la surface des réserves naturelles françaises.
C’est dire…
Une manne pour le papillon, si le jardin est ensoleillé et à l’abri du vent, entouré d’arbustes et largement fleuri, mais surtout s’il est soigné au naturel.

Thym, lavandes, bourraches et menthes, fleurs simples jaunes et mauves les attirent et leur procurent le nectar nourrisseur.

Indispensable pour assurer leur descendance, un coin oublié d’herbe haute, graminées et orties .

Ainsi, chez nous, c’est plus d’une vingtaine d’espèces de papillons de jour que le néophyte apprendra facilement à reconnaître et apprécier tout au long des beaux jours.

Au sortir de l’hiver, c’est d’abord le Tircis qui sort de sa chrysalide et se métamorphose, ailes brunes tachées de orange, discret mais toujours actif, ou Robert le Diable, aux ailes très échancrées et d’un orange plus vif, ou encore Petite Tortue et sa parure galonnée de bleu.

Le paon du Jour, lui, a passé les mauvais jours sous sa forme ailée, incognito dans un grenier ou un vieux mur et il ressort de sa cache un peu terne ou l’aile abimée, pour étaler au soleil ses ocelles bordés de bleu et se réchauffer.

En avril, c’est l’explosion, si le temps est beau, avec les deux magnifiques papillons que sont le Machaon et le Flambé, grands de 6 à 8 cm, au vol puissant, l’Aurore plus petite, blanche et frêle, dont le mâle arbore deux larges taches orange.

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Le Tircis

C’est aussi le Vulcain, splendide migrateur brun-noir aux bandes orage vif et aux taches blanches et brillantes, nommé aussi Amiral.
Viennent en mai les Demi-deuils ou Echiquiers, noirs et blancs comme leur nom l’indique et que l’on reconnaît facilement.
La Mégère porte des ocelles sombres, à ne pas confondre avec le Myrtil lui aussi de couleur brune.

Et puis tous ces petits papillons bleus, Argus ou Azuré, incroyables de finesse, vifs et dont il faut admirer aussi le dessous pointilliste des ailes.
En juin ou juillet, un tilleul en fleurs attirera le grand ( 6cm) et puissant Tabac d’Espagne

Au cours de l’été, c’est la rencontre avec l’étrange Moro-Sphinx, lui aussi migrateur, qui aspire le nectar des fleurs à l’aide d’une longue trompe sans se poser, en vol stationnaire.
N’oublions pas la bien-nommée Belle-Dame qui peut traverser notre pays en grand nombre ou être absente d’autres années.

A côté de ces papillons colorés, la Piéride du Chou paraît bien fade, contentons-nous de l’éloigner de nos cultures en rusant.

A découvrir encore le Souci et le Silène, l’Amaryllis orange ou le Gazé aux ailes translucides.

Le jardinier averti ne pourra plus traiter les chenilles en ennemies, mais il prendra sa chaise longue et le temps perdu à la contemplation, le temps manquant pour le désherbage ou les traitements seront bénéfiques pour nos amis les papillons.

Les jardins se visitent, gageons que bientôt leurs hôtes papillons se fassent également admirer.