Voyage annuel à Ambert d’Auvergne

Cette année, La Vigneronne nous a conduits à Ambert d’Auvergne pour découvrir la fabrication du papier naturel au « Moulin Richard de Bas » ainsi que celle de la célèbre fourme.

Nous avions rendez-vous sur la place de la salle des fêtes de Chessy-les-Mines à 6h45, direction l’A89 toute neuve pour 49 adhérents dont certains venus de loin, des jeunes et des moins jeunes…

Après un arrêt “café” sur l’espace de loisirs “la Bruyère” à l’entrée de Montbrison, le Moulin Richard de Bas nous attendait dans un hameau perdu dans la verdure. C’est le dernier “moulin à papier” d’Auvergne. La fabrication de la pâte à papier, inventée il y a plus de 2000 ans en Chine, se perpétue au Moulin Richard de Bas depuis 1326. Ici, pas de bois,  simplement des chiffons et de l’eau pure pour fabriquer “une simple feuille, une feuille blanche, une feuille de papier d’Auvergne” (Pierre SEGHERS).

 la roue du moulin  >

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Des draps anciens récupérés chez des particuliers qui vident leurs armoires sont déchirés en petits morceaux, puis de surprenantes machines travaillent les chiffons, le tissu est entièrement défait par 18 maillets en bois qui frappent en cadence.L’eau provient des nombreuses sources de la région.

<  la maquette des machines

La pâte est ensuite mélangée, plus ou moins diluée selon le résultat escompté. Elle est ensuite égouttée à l’aide d’une “forme”. Après l’égouttage, la feuille est couchée sur un feutre. Ce feutre a pour fonction de libérer la forme et de la séparer de la feuille suivante.

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Au fur et à mesure les feuilles et les feutres s’empilent sur le plateau. Le geste du “Coucheur” est difficile et long à assimiler. Il demande un apprentissage quotidien de plusieurs années. La pile est ensuite mise sous une presse ( ici on presse à cinquante tonnes sur un demi mètre carré de feutre). La feuille une fois pressée est assez “solide” pour pouvoir être manipulée et mise à sécher. Au séchoir, les feuilles suspendues par des pinces sèchent en quelques heures en été et en trois jours en hiver.

Aujourd’hui encore, le Moulin de Richard de Bas est toujours en activité et produit quelques 200 feuilles de papier par jour, destinées aux éditeurs, artistes et autres amoureux de beaux papiers. C’est également le premier musée vivant de France.

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La boutique du Moulin nous permit de faire de nombreux achats de papier avec des inclusions de fleurs séchées, poèmes, papiers aquarelle et menus souvenirs en tout genre…

Les moulins à papier sont historiquement la première industrie de développement durable qui, grâce aux chiffonniers, collectait déjà les linges usagés de lin, chanvre et coton. Quant à l’énergie utilisée, elle est naturelle et non polluante, c’est l’eau des ruisseaux qui fait tourner la roue des moulins depuis près de 7 siècles…

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Pour rester couleur locale, après l’apéritif, nous nous sommes réunis autour d’une solide potée auvergnate au restaurant “La Chaumière” à Ambert.

Une promenade digestive bien méritée nous entraîna ensuite, tout au long des anciennes rues pavées, à la rencontre des maisons moyenâgeuses à colombages, de l’église Saint-Jean, appelée encore “la cathédrale du Livradois”, car son architecture gothique n’est pas sans rappeler les cathédrales et son plan de construction est proche de celle de Beauvais avec des proportions réduites, de l’étonnante mairie ronde comme une fourme.

L’après-midi fût consacré à la visite de la Maison de la Fourme d’Ambert et des Fromages d’Auvergne. Un film nous fit découvrir l’origine de ce fromage et comment ce patrimoine vit toujours sur le territoire d’Ambert grâce à l’AOP. Nous avons visité la cave d’affinage où nous avons pu déguster quelques échantillons.

Nous avons fait connaissance avec Myrtille, une vache bien sympathique, que certains ont pu traire et nous avons admiré une belle collection d’ustensiles laitiers et fromagers des temps passés.

La légende prétend qu’en pays arverne, bien avant les Romains, les druides gaulois, célébrant leur culte à Pierre -sur-Haute, connaissaient déjà la fourme. Ce qui est sûr, c’est que la fourme d’ Ambert était déjà consommée au VIII ème et IX ème siècle. La production autrefois était exclusivement fermière et réalisée en estive, dans des loges, constructions basses aux toits de paille, regroupées en hameaux ou « jasseries ».

Après cette étude passionnante d’un monde vivant, celui du fromage, élément du patrimoine auvergnat, de sa culture et de son économie, nous avons sagement rejoint Chessy-les-Mines.

A l’an prochain pour de nouvelles découvertes !