Voyage annuel en Bresse

Samedi 21 juin 2014 dès 7 h, les adhérents de la Vigneronne se sont donné rendez-vous sur le parking de la Salle des Fêtes de Chessy-les-Mines, Ginette et Aimée nous ayant concocté un périple en Bresse, patrie d’origine de notre Présidente. Après un arrêt “café” à Vonnas, malheureusement pas chez Georges Blanc mais sur le parking des cars, nous avons rejoint le Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse où notre guide nous attendait.

Nous nous sommes immédiatement laissés emporter par la merveilleuse histoire de ce chef d’oeuvre du gothique flamboyant bâti au début du XVIème siècle par Marguerite d’Autriche à la mémoire de son jeune époux, Philibert de Savoie dit le Beau. Ce dernier, fils de Marguerite de Bourbon, mourut à 24 ans d’un refroidissement contracté lors d’une partie de chasse. Le monastère abrite trois somptueux tombeaux : ceux de Philibert de Savoie, de sa mère et celui de Marguerite d’Autriche. Le thème de la marguerite revient d’ailleurs constamment dans les sculptures de bas-reliefs ainsi que les deux initiales entrelacées P de Philibert et M de Marguerite.

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Le Monastère Royal de Brou recèle des trésors : église somptueusement ornée, cloîtres aux styles variés, superbes salles voûtées d’ogives, grands jardins alentour, musée aux riches collections. L’église fut édifiée de 1513 à 1532. Sa haute toiture de tuiles vernissées et coloriées, ses fastueux vitraux historiés, son jubé orné de dentelles de pierre, sa chapelle, ses tombeaux, ses retables, statues et autres splendeurs décoratives en font un exceptionnel musée de sculpture flamande du XVIème siècle. Les meilleurs maîtres d’oeuvre et artistes de France puis de Flandres y ont participé : l’architecte Loys van Boghem, les peintres Bernard Van Orley et Jean van Roome, le sculpteur Conrad Meyt …Il n’aura fallu que 26 ans pour construire ce magnifique chef d’oeuvre ce qui est exceptionnel pour cette époque.

L’église de Brou mélange habillement deux styles : une nef volontairement sobre qui tranche avec la splendeur du choeur, le tout subtilement scindé par un jubé (un des rares subsistant en France) de décoration flamboyante.

Le Monastère Royal de Brou a été élu « Monument préféré des Français » en 2014, l’Abbaye du Mont Saint-Michel, la Sainte Chapelle, les Châteaux de Versailles et de Chambord n’ont qu’à bien se tenir …

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Sans oublier les trois tombeaux (avec gisant et transi pour Marguerite d’Autriche et Philibert de Savoie

Tombeau de Philibert de Savoie avec gisant et transi. En haut le Duc dans ses vêtements semble endormi, c’est le « gisant », alors qu’à l’étage inférieur il est représenté nu et mort, c’est le « transi ».

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Nous sommes impressionnés par ce mélange de dentelles de pierre et de bois sculpté.

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Sur le tombeau de Marguerite de Bourbon, des « pleurants » nous obligent à nous prosterner pour pouvoir photographier leurs visages, habile manipulation depuis l’au-delà ! Nous nous inclinons donc devant tant de splendeur et c’est les yeux pleins de ces merveilles que nous quittons le monastère, nul doute que nous y reviendrons.

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Après un agréable repas « Chez Rolande » à Condessiat, nous partîmes pour Châtillon-sur-Chalaronne pour une autre visite guidée.

De la médiévale « Castillo » mentionnée sur la Charte de Cluny en 1049 à l’actuelle ville, Châtillon-sur-Chalaronne a su traverser le temps. Ici point de marbre ni de tuffaut, la brique appelée « carron » et le torchis (mélange de terre, de paille et de bois) sont les matériaux de construction exclusifs.

En 2014, la commune de Châtillon-sur-Chalaronne bénéfice du label « ville fleurie » avec « 4 fleurs » attribuées par le Conseil national des villes et villages fleuris de France au concours des villes et villages fleuris.

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C’est sans doute grâce à un enfant du pays, Philbert Commerson, né en 1727 à Châtillon. Il participa à l’expédition de Bougainville en 1766 en tant que botaniste et naturaliste du Roi. Il rapporta des échantillons de 3000 espèces de plantes inconnues en France dont une plante de Chine qu’il nomma Hortensia en hommage à Hortense de Nassau, fille du gouverneur de l’Ile Bourbon. En mémoire de ce botaniste de talent, Châtillon-sur-Chalaronne a fait de l’hortensia sa fleur fétiche.

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Nous nous sommes promenés dans la cité médiévale, ses ruelles et ses maisons à colombages et le long de la rivière, la Chalaronne. Au XVème siècle, à l’époque de la construction des halles, les ruelles étaient recouvertes de paille pour que les riverains y déversent leurs immondices.

Les halles construites en 1440 et reconstruites après un incendie en 1670 grâce à la générosité de Mademoiselle de Montpensier,  la Comtesse de Châtillon,  confèrent un caractère unique à ce village.  Nous admirons les poutres en chêne venant de la forêt de Tronçai  et datant de 350 ans … Situé près des toilettes publiques vers les halles, le manneken-pisse en bois signifie le lieu de manière humorisique d’une façon plus pudique que son homologue belge.

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Cette commune très fleurie présente aussi de beaux murs peints en trompe-l’oeil. Ville ouverte aux artisans d’art, Châtillon-sur-Chalaronne est labellisée « Ville et Métiers d’Art ». Christian Hagnère, artiste peintre, et son atelier, Citron Bleu, font partie de l’association Artis qui regroupe les artistes de la cité. Nous lui devons les décors peints sur les murs de la ville.

Merci à nos organisatrices pour ce merveilleux voyage et à l’an prochain pour de nouvelles découvertes du beau patrimoine de notre région.