Voyage dans le Pilat.

Le 25 juin 2011, le car de 55 places affrété par la Vigneronne arrive à Sainte Croix en Jarez à 10 h, après s’être faufilé dans les lacets du Massif du Pilat et avoir évité un chauffard de camionnette en perte de contrôle à grande vitesse sur les gravillons, déclenchant les premiers applaudissements de la journée.

Le village est né d’un monastère de 2 ha, fondé au 13 éme siècle, dont les bâtiments furent vendus par lots, après la Révolution, en 1792, ainsi que des forêts et des terres, données par Béatrix de Roussillon à l’ordre des Chartreux pour la fondation d’une chartreuse.

Malgré des transformations, des rénovations, l’aménagement de l’espace chartreux a été conservé : deux cours entourées de bâtiments

Voyage Pilat
Voyage Pilat

Sur deux côtés de la première, les constructions étaient destinées à l’exploitation agricole, à des ateliers, (les chartreux vivaient ici en autarcie) pour 15  » frères  » actifs, les  » convers  » , qui avaient leur dortoir sur le 3ème côté qui abrite aujourd’hui l’école et la mairie.

Le 4ème côté était occupé par des espaces communs : église, réfectoire des moines (qui recevait aussi les 12 à 14 pères, reclus, le dimanche à déjeuner, ceux là étant alimentés sans contact même visuel avec leur serveur, par le guichet double de leur cellule, pour tous les autres repas).

La seconde cour, à l’arrière, était sur trois côtés entourée par les 14 cellules ou  » ermitages  » de 100 m2 chacune réservées aux  » pères  » qui ne se voyaient pas entre eux.

La visite d’une cellule conservée libre d’habitants surprend par son espace, avec à l’étage la salle de  » séjour  » , le recoin meublé pour l’étude avec sa stalle, le lit à baldaquins et rideaux, la cheminée, le très grand promenoir, avec, au fond, l’escalier privé vers le rez de chaussée et l’accès à la fois à l’atelier individuel d’agrément et au jardinet individuel d’agrément.

Voyage Pilat

L’église du 13e fut en partie détruite par un incendie. Une partie deviendra l’actuelle sacristie, le réfectoire étant alors transformé en église. Le chœur de l’ancienne église (sacristie) accueille le tombeau de la donatrice, veuve désirant faire retraite, qui avait posé comme condition, acceptée, de finir ses jours parmi les moines, et d’y avoir sa sépulture.

Un autre donateur, Thibault de Vassalier, mort en 1327, est inhumé là lui aussi, représenté en  » gisant  » sur une fresque classée et bien conservée où l’on voit au dessus de lui, porté dans un balluchon tenu par deux bouts, un petit bonhomme assis représentant  » l’âme  » du défunt nous dit notre aimable guide.

La visite de l’église, ex réfectoire, permet de découvrir deux rangées latérales de stalles, datant du 16ème siècle, qui, apportées d’une autre église, furent offertes au monastère par le seigneur de St CHAMOND. Il s’agit de loges étroites avec une séparation haute, des sculptures en parfait état sur les accoudoirs, les plus grandes sous le strapontin qui leur sert de casquette, siège étroit appelé miséricorde, car il soulageait le chartreux perchés-assis du bout des fesses et semblant debout. Ah les apparences !

Voyage Pilat

Ces sculptures représentent de manière très réaliste des visages coiffés différents (mais avec la même bouche). Certains sont féminins (même si on ne voit pas les cheveux) d’autres portent barbe, tous sont de bonne humeur. Nous ne nous installerons pas là, mais au restaurant (Etymologie de s’installer, se mettre dans sa stalle).

Un petit tour dans la vaste cuisine et son immense cheminée d’époque en pierre taillée et très sobre, nous engage à retourner au car pour rejoindre la spacieuse auberge des Vergers, quelques kilomètres plus loin, à ROISEY, réservée à notre groupe, et qui offre aux fumeurs des entractes appréciés dans son petit parc attenant équipé aussi de jeux pour les enfants.

Repas agréable où nous nous réjouissons de déguster nos travers de porc (interdits aux chartreux, comme toute viande de tout quadrupède ou oiseau) avant de repartir pour une petite errance : Le chauffeur nous fait parcourir une route en belvédère.

Nous avons d’un côté du car une vue superbe sur le Mont Blanc, avec des neiges récentes. Mais notre chauffeur finit par obtempérer aux aimables protestations de son navigateur, pour faire demi tour, et offrir le Mont Blanc à l’autre moitié du car, et nous faire repasser devant notre auberge d’où on nous salue à nouveau avec un regard interrogateur. Le sourire sur toutes les lèvres.

Pièce jointe vide ou le type d’article n’est pas une ‘pièce jointe’
Pièce jointe vide ou le type d’article n’est pas une ‘pièce jointe’

Saint JULIEN MOLIN MOLETTE au nom sonore et étiré comme la pâte à berlingot ! Deux pédagogues rapides et adroits font merveille devant nous, c’est encore mieux qu’à la  » vogue  » . Dégustation, achats, et c’est le retour par l’Ardèche, avec un arrêt rafraîchissant au barrage de TERNAY où des pêcheurs espèrent vainement au moins voir une carpe, puis Serrières, et enfin un mémorable bouchon lyonnais après la Mulatière avant de retrouver CHESSY toujours sous le soleil.

Claude B.